Simon CRAS-QUEAU et Michel LE HIR primés au Concours Général Agricole

Le Syndicat des Eaux du Bas-Léon a organisé la remise des prix du Concours Général Agricole (CGA), le mercredi 4 décembre à l’Arvorik à Lesneven. La soirée « Ensemble bocageons-nous » a connu un vif succès puisque près de 150 personnes ont assisté à un spectacle de la Cie Impro Infini avant de découvrir le palmarès du Concours Général Agricole (CGA).

  1. Simon CRAS QUEAU et le GAEC du bocage félicités par le jury de la catégorie « Implantation »

Dans le cadre de la mise en œuvre du SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) du Bas-Léon en collaboration avec la Communauté Lesneven Côte des Légendes, la Communauté de Communes du Pays des Abers et le Pays Iroise Communauté, le Syndicat des Eaux du Bas-Léon a animé le Concours Général Agricole sur les volets agroforesterie et bocage, en catégorie « Implantation », pour la 4ème année consécutive.

Le jury présidé par Mickaël JEZEGOU (expert forestier) s’est déplacé sur les exploitations candidates durant l’été. Les retours ont été très positifs et les échanges sur les pratiques des agriculteurs particulièrement fructueux. Les membres du jury, composé de Juliet ABADIE (Pépiniériste en Végétal Local), Mathilde TERROM (Enseignante à l’IREO-Lesneven), Frédéric BIORET (Ecologue UBO – Institut de Géoarchitecture) et Kevin ABASQ (Agriculteur, 1er prix national du CGA 2023-2024), ont eu du mal à départager les candidats puisque chaque ferme porte des projets agroforestiers d’une grande qualité. Le GAEC du bocage, porté par Simon CRAS QUEAU (Plougar) a remporté le concours sur le territoire, félicité pour son implication et sa démarche en faveur du bocage sur cette exploitation familiale.

Le palmarès 2024 :

  • 1er prix : GAEC du bocage, Simon CRAS QUEAU (Plougar)
  • 2ème prix exæquo : prix « Coup de cœur du jury » EARL LEAL, Hervé LEAL (Saint-Divy)
  • 2ème prix exæquo : prix « Innovation » EARL LES ABEILLES DU CORSEN, Virginie LUCAS (Plouarzel)
  • 2ème prix exæquo : prix « Autonomie énergétique » EARL LOSSEC, Jean Luc LOSSEC (Plouguerneau)

Les lauréats ont été chaleureusement félicités sur la scène de la remise des prix et se sont vu remettre une plaque siglée en distinction de leur investissement en faveur du maillage bocager au sein de leurs exploitations.

GAEC du Bocage, l’avis du jury

Le jury a apprécié le regard porté sur le bocage par ce GAEC familial de 45 ha avec une cinquantaine de vaches laitières, orienté vers un système majoritairement herbager. La haie fait partie intégrante du système d’exploitation. Protection du bétail contre les intempéries, protection des sols, préservation de la biodiversité, objectif de neutralité carbone (…), elle est considérée comme un atout économique par le GAEC. Plusieurs décennies de regard agrono­mique du père, Yvon, témoigne d’une recherche d’une modèle sylvopastoral innovant. L’ensemble donne une impression globale de cohérence, d’autonomie énergétique et fourragère, et de résilience écologique et économique.

Un regard intergénérationnel : le jury a apprécié la continuité du regard singulier porté sur le bocage par le fils Simon. Il vit le bocage comme un atout économique pour l’exploitation agricole. Il est désireux d’améliorer ses pratiques et se forme aux modes de gestion sylvicoles qu’ils appliquent sur leurs haies par des tailles raisonnées et adaptées et des techniques de bucheronnage respectant les règles de sécurité.

Rénovation réussie d’un maillage bocager ancien : dans un contexte paysager préservé, le GAEC a su améliorer ce maillage bocager en replantant plus de 2 km de nouvelles haies d’essences locales (notamment via le Syndicat Mixte de l’Horn). Ces nouvelles plantations s’inscrivent dans une démarche globale de rapprochement des parcelles au siège d’exploitation par des échanges parcellaires.

Le “bien-être” : Le « bien-être » animal est réellement pris en compte (pâturage dans des parcelles protégées par les arbres quasiment toute l’année) est mis au service de la performance économique. Le mode de conduite de l’exploitation contribue au bien-être et à l’épanouissement des exploitants dans un cadre paysager bocager.   Ce GAEC au cœur d’un système agro-forestier original mérite notre attention. Exemplaire sur le territoire du nord-Finistère, ce modèle agricole et économique inspirant et résilient s’inscrit dans une nouvelle modernité du bocage. Il questionne et réinvente une nouvelle forme de société bocagère tissant des interactions de nature économique entre paysage et société.  
  • Catégorie « Prairie / Prajoù an Arvorig » : Michel LE HIR récompensé

Depuis 10 ans, le Concours Général Agricole sur le volet « prairie-parcours » est co-organisé par le Parc naturel régional d’Armorique et le Syndicat de Bassin de l’Elorn, rejoints en 2019 par An Dour, le Syndicat Mixte de L’Horn et le Syndicat des Eaux du Bas-Léon et la Chambre d’Agriculture. Il est baptisé Prajoù an Arvorig.

Le jury a visité les prairies présentées par 7 agriculteurs du centre et nord-Finistère au printemps dernier. Pour départager les candidats, le jury a utilisé la fiche de notation nationale sur la catégorie « Fauche et pâturage ». A l’issue de ces visites, les jurés, Françoise VERTES (Ingénieur à l’INRAE), Marguerite COGNE (CEDAPA) Benoit POSSEME (Chambre d’Agriculture), Vincent COLASSE et Elise LAURENT (Conservatoire Botanique National Brest), Jean François GLINEC (Agriculteur / botaniste), Alain GUICHOUX (Apiculteur), Luc GUIHARD (Bretagne Vivante), John REYNOLDS et Daniel MUSELLEC (agriculteurs lauréats en 2022), ont délibéré sur le classement suivant :

  • 1er prix « Pâturage » : Michel LE HIR (Plougastel-Daoulas)
  • 2er prix « Pâturage » : Guillaume PALLATIN, (Pont-de-Buis-Lès-Quimerch)
  • Prix spécial d’encouragement : Julien LE BORGNE, (Plougourvest)  

Au-delà de ce classement, le jury tient à souligner la qualité du travail des exploitants effectué sur l’ensemble des parcelles visitées, mobilisés pour maintenir une gestion sur des espaces parfois difficiles, notamment en contexte de zone humide. Ces pratiques constituent de véritables références en matière d’agro-écologie et participent au bon fonctionnement écologique de notre environnement.

La ferme de Michel LE HIR, l’avis du jury

La prairie de Michel LE HIR s’est démarquée car ses pratiques étaient en cohérence avec l’ensemble de son système. Par ailleurs, Michel LE HIR aurait pu présenter de nombreuses autres parcelles dans le concours car celles-ci présentaient toutes des qualités agronomiques et écologiques remarquables. Chaque parcelle a un rôle dédié dans son système 100 % extérieur et celui-ci évolue en fonction des conditions météorologiques de l’année. Dès son installation, il y a 30 ans, Michel LE HIR a construit ce système 100% autonome qu’il a rodé au fil des années.

Sur ce secteur littoral, où les prairies permanentes tendent à disparaître (déprise ou mise en culture), Michel LE HIR et son troupeau jouent un rôle de conservateurs de la biodiversité.  Le jury souligne l’importance du travail effectué par Michel LE HIR et le félicite.

Au printemps prochain, Simon CRAS QUEAU et Michel LE HIR participeront donc au niveau national du Concours Général Agricole lors du prochain Salon International de l’Agriculture à Paris.

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